Voyage dans la nature de Ain Soltan Feija

De l’eau, de l’eau, et encore de l’eau, sous les pieds, sur la tête, et en toute perspective, c’est le doux arrière gout que nous aura laissé ce voyage dans la nature de Ain Soltan Feija et environs. Nous sommes en effet début Février, dans la région la plus humide de Tunisie.

L’accès au site :

Arrivant depuis Tunis par Béja, nous avançons en direction de Ghardimaou, dans un paysage vallonné et verdoyant certes, mais jusque là tout ce qu’il y a de plus commun dans ces régions du nord-ouest tunisien. A l’arrivée du site, la découverte est totale. En effet, jusque là, l’altitude n’a pas dépassé les 250 mètres. Et puis Hop !, c’est la montée qui commence, vers ce petit univers retranché à l’extrême ouest de la Tunisie, et cachant tant de merveilleuses surprises. Le premier paysage frappant est celui de ces collines couvertes d’oliviers, épanouis et scintillants de propreté sous le doux soleil d’hiver. Après ça, et toujours à travers des sentiers tortueux grimpant la montagne, nous traversons une forêt de Chêne liège. Au pied des chênes, le sol est couvert d’arbustes, notamment le Rayhane (myrte) et le Dherou (lentisque). On arrive enfin au centre de vacances « Ain Soltane », implanté dans une vaste clairière minutieusement aménagée en aires de jeux, jardins cultivés, et huttes pour manger en plein air.

Voyage dans la nature de Ain Soltan Feija - route Tunis_Parc-Feija

1ère Journée du voyage dans la nature de Ain Soltan Feija

Après un copieux déjeuner offert par la maison et préparé avec les produits de la ferme, nous sommes partis vers l’Ouest, en direction de Jebel Statyr. Nous avons randonné à l’intérieur puis dans les environs du Parc National el Feija. L’Arbre roi dans ce parc est le Chêne Zen. Hormis quelques clairières ou le sol est recouvert d’arbustes : le Bruyère (Bou7added ) et d’un peuplement d’urginée maritime (3ansel) dans les parties caillouteuses, le paysage est dominé par des colonies de Chênes Zen gracieusement élancés jusqu’à 30 à 40 mètres de hauteur, qui constituent avec leur tronc fin et leur touffe  haut perchée, une sorte de voûte céleste cachant la vue du ciel. Au sol, vous marchez sur un tapis de feuillages s’étendant à perte de vue. Toute cette ambiance délicatement ombragée et merveilleusement insonorisée  vous donne ce doux et confortable sentiment d’être complètement enveloppé. Au-delà de ces passages au cœur de la forêt, s’ouvrent de larges perspectives sur les montagnes environnantes. Le paysage est alors dominé par une profusion de ruisseaux et de cascades d’eau, et une extraordinaire variété d’arbres, d’arbustes, et d’herbes dont notamment le Chêne liège, Oléastre, Arbouses, Ronces, Ciste, (Fernène, Jebbouz, Lenj, 3ollyg, Mellya)

 

Deux moments forts ont marqué la randonnée :

  • le Kef Ennagcha, un énorme rocher sur lequel ont été gravées des marches d’escaliers aboutissant à un mirador qui domine la forêt de chênes. Dans les temps anciens, ce rocher aurait été un lieu de culte.
  • L’enclos des Cerfs de Berbérie, ce noble animal considéré comme le symbole du parc, et le roi incontesté de la khroumirie.

Enfin, notre enthousiasme et notre volonté de bien faire, nous ont permis de parcourir une distance de 17 Km, en cette journée entamée par un réveil à 5 heures du matin, et un trajet en bus  de 4h00 de temps. Nous avons été bien récompensés le soir par un délicieux diner (leblebi et koucha) préparé sous les commandes de notre bienveillant Sami maître des lieux,  et par une sympathique soirée autour du feu de camp.

2ième  journée : Sous la pluie

La deuxième journée nous sommes partis vers le nord, en direction de jebel boughorra. En une première étape nous avons parcouru une dense forêt de Pin Sylvestre (bondoq). Les sentiers étaient traversés par une multitude de ruisseaux. Les abords des sentiers sont peuplés de divers arbustes et d’herbes comme le Lavande (Khezama). Après de nombreuses enjambées des ruisseaux, ajoutant vitalité et humour aux plaisirs de la  ballade, nous avons surgi dans un vaste paysage de collines et de vallées. A partir de là nous nous sommes laissés guider par le passage d’une importante rivière « Oued el Maamoura ».Le paysage alternant des clairières caillouteuses, des champs d’oliviers,  et des forêts d’Eucaliptus. Vraisemblablement, les champs d’Oliviers occupent les versants les plus ensoleillés et les moins raides. Le paysage de la rivière « Oued el Maamoura », est enrichi par une panoplie d’escarpes différentes : certains versants abrupts sont faits de majestueux rochers noirâtres, d’autres plus bas, sont caillouteux ou verdoyants.

La randonnée de ce deuxième jour, longue de 10 Km, a été clôturée par un rassemblement dans une clairière, ou nous avons retrouvé notre Hôte Sami et son équipe, venus nous offrir le déjeuner sur l’herbe. L’élément fort de cette deuxième journée a été L’eau. Outre le plaisir de marcher le long d’une rivière, nous avons eu celui de marcher 5 heures durant, Sous la Pluie, et c’était merveilleux.

 

Un condensé de culture pour clôturer le weekend.

Ne l’oublions pas, nous sommes ici au cœur battant de la Khroumirie, dans cette région ou ont été retrouvées les plus vieilles traces de civilisation humaine en Tunisie. Il y a plus de 10000 ans déjà, des hommes et des femmes vivaient à El Feyja. Aussi, nous sommes ici au pays de Massinissa, le célèbre roi numide (200 ans AJ). Une visite au musée de Chemtou s’impose, pour mieux comprendre ces territoires. Bien que hâtive, cette visite a été très instructive et nous a permis de nous rappeler que c’est toujours et encore  la géographie qui fait l’histoire.