Randonnée à Ain Khanfous Oueslatia

6h du matin, tout le monde est au rendez vous et nous pouvons partir pour une randonnée à Ain Khanfous Oueslatia. Le béton des villes s’éloigne peu à peu, une légère brume recouvre encore les champs et la verdure qui reprend du terrain avec les dernières pluies. Premier arrêt au carrefour agricole du Fahs, nous dégustons nos beignets chauds et croustillants alors que l’horizon se teint des tons rosés du soleil levant. Comme nous explique notre amie géologue le Jebel Oueslat est une montagne relativement jeune (Eocène) et est formée de roches sédimentaires, il culmine à 895 mètres, et compose avec le Jebel Serj le paysage montagneux le plus important de la délégation de Oueslatia, peuplée de 50.00 habitants ; au temps du protectorat elle était un havre de paix et de détente et avait comme appellation « Le petit Paris ».

Nous sommes à présent à 40 km de Oueslatia et on remarque beaucoup de très jeunes oliveraies à côté d’autres beaucoup plus anciennes et le paysage agricole ici est encore traditionnel et charmant, avec des figuiers de barbarie alignés entre chaque petit champ, aucune barrière en dur comme cela se fait souvent ailleurs. Passage par le village Aïn Jelloula, puis direction « Anahala », la route serpente au milieu d’une multitude de collines, le ciel est à présent dégagé et affiche un soleil radieux.Randonnée à Ain Khanfous Oueslatia - paysage

Randonnée à Ain Khanfous Oueslatia

Notre randonnée commence dans le large lit d’un oued appelé parfois « Soug », parfois « Eltaïfia » qui sera notre chemin pendant 3 h, entouré de hautes falaises calcaires très blanches, en escalier, prenant souvent des aspects de « canyon » ; ici la végétation est faite principalement de marrube ayant de multiples vertus médicinales et dont on fait aussi du miel et d’imposants caroubiers actuellement en fleur et bruyants des abeilles qui y butinent à cœur joie. Les chèvres ici sont à leur aise, elles gambadent au dessus de nous et leur bêlement aigu nous fait lever la tête pour essayer de les apercevoir au milieu des rochers.

Randonnée à Ain Khanfous Oueslatia - randonnée

Nous voila enfin arrivés à Aïn Khanfous, une source qui s’est asséchée depuis, pour le temps d’une petite pause. Il nous faut à présent accéder à l’abri sous roche que nous apercevons plus loin où nous pourrons admirer les peintures rupestres. Glissades sur des roches plates et verticales, contorsions et grimpette à quatre pattes… nous y sommes. Quelques dessins sont encore bien visibles mais tout le reste a été effacé par l’érosion et les intempéries, on devine à peine des contours de personnages nageant, dansants ..ou tombants.. on imagine et on rêve.

Les peintures rupestres représentant des humains et des animaux sont éparpillées dans plusieurs abris : Aïn Khanfous, Oued Majel, Oued Chara, Oued Grabech (dit « Dar Mellah »), Oued Bourrime, Khnefissa et Chendoube. Ils sont tous situés au dessus d’un oued, artère vitale pour les populations, et jouissent d’une bonne exposition. A présent il est urgent de les classer au patrimoine mondial afin qu’elles soient préservées de la fin qui les attends.

Randonnée à Ain Khanfous Oueslatia - peinture rupestre

Randonnée à Ain Khanfous Oueslatia - decouverte peinture rupestre

La pause déjeuner terminée au pied d’Aïn Khanfous, nous repartons sur le même chemin pierreux pendant environ 2 heures pour monter jusqu’au village berbère réparti sur le sommet de 3 pics et qu’on appelle « Dar El Bey » parcequ’il aurait abrité le Bey Ali Pacha (1735-1756), une étude sur les anciens travaux hydrauliques dans le gouvernorat deKairouan parle d’une « Fesquiet al Bey du Jebel Oueslat ».Du village il ne reste pratiquement rien, seulement le bas des murs mais il se peut que les constructions sous-terraines soient mieux conservées.

Randonnée à Ain Khanfous Oueslatia - randonnée pedestre

Le massif du Jebel Oueslat, vrai labyrinthe de crêtes et de vallons offre aux populations un milieu rocailleux et sec, il n’empêche qu’elles ont su exploiter la terre à disposition en construisant des murets en pierre sur les flancs de la montagne pour retenir l’eau de pluie, les engrais et les plantes et éviter l’érosion. Voila une action louable, une tradition agricole à encourager, sans compter que la région devrait attirer touristes et investisseurs par ses richesses naturelles exploitées uniquement de façon artisanale. Il n’existe aucun hôtel, seulement une maison des jeunes, aucune infrastructure d’accueil pour les visiteurs.