Randonnée culturelle a la medina de Tunis

L’idée d’une randonnée culturelle a la medina de Tunis nous travaillait depuis un certain temps.L’ATR a décidé de faire ce voyage dans l’histoire.

Cette idée nous travaillait depuis un certain temps, il faut bien l’admettre, et Ramadan était le prétexte idéal de se mettre. C’est ainsi que par un samedi torride, l’équipe ATR a décidé d’entreprendre cette randonnée au cœur même de ce lieu où pullulent les vestiges historiques de l’histoire pré coloniale de la Tunisie et notamment de la capitale.

Vous l’aurez bien compris, nous avons visité l’histoire des deys et beys du pays, leur demeure et leur dernière demeure. Ainsi que l’empreinte qu’ils ont laissé derrière. Nous avons entamé notre visite à 11h du matin, un groupe de 20 personnes, le nombre a été étudié afin que tout le monde puisse profiter de cette visite.

Notre Guide, Jamel (wildtunis Ben Saidane), fin connaisseur de ce trésor qu’est la Médina, a cru bon de commencer la randonnée par la municipalité la Kasbah, place du drapeau qui se trouve juste devant le Ministère de la défense, d’ailleurs le salut militaire s’effectue quotidiennement à cette place le matin et l’après-midi lorsqu’on arbore le drapeau tunisien et quand il est mis au repos.

En face la mosquée de la Kasbah ou mosquée royale, bâtie en 1228 à peu près, sous le règne d’Abou Zacharia Al Hafsi, l’anecdote veut que le souverain eut bâti cet édifice car il était venu en retard à la prière du Maghreb et comme on refusait de refaire la prière  (أقم الصلاة لذكري و ليس لزكري), sa majesté a vu bon de faire une mosquée à lui ainsi qu’aux membres de sa famille seulement. Et Tunis regorge de ces anecdotes.  D’ailleurs l’origine de cette appellation connait des avis mitigés, certains disent que Tunis signifie en langue berbère « ville où on passe la nuit « , d’autres disent que l’origines est arabe et veut dire « endroit qui réchauffe le cœur ».

Nous avons ensuite pris la direction du tombeau d’Ostamrad Day, quatrième dey d’origine corse et dont le règne s’est étendu de 1637 à 1640, qui fut le fondateur du port militaire de Ghar El Melh, et dont le tombeau a été mal entretenu et du coup pas mal squatté en dépit du fait que le siège de l’institut national du patrimoine est à une rue du tombeau.

C’est devant ce même institut que nous avons continué notre route, au quartier du Général, où se trouve un château Khorasani du 12éme siècle transformé en mosquée et où sont enterrés deux Deys. C’est ici aussi que se trouve une des rares et dernières familles qui ont fait leur nom dans le tissage de la soie, famille Chantourri qui avec la famille Béji sont les derniers à garder ce patrimoine, tradition perdue du travail de la soie.

Notre destination prochaine était la Mosquée El Kobba (coupole), mosquée qui a pris sous son aile le plus grand sociologue de l’histoire de notre pays, Ibn Khaldoun, cette mosquée date du 14éme siècle et est actuellement en état d’aménagement, un peu plus loin se trouve la maison de l’auteur d’El Moukadima (l’introduction), ce quartier est plus connu sous le nom de Torbet El Bey.

Etait venu le tour des écoles, Medrsa, et nous avons commencé par la Medrsa Slimania, dont l’architecture était affectée par l’influence Turc même si elle date du 18éme siècle. Suivie par la Medersa Bechia, qui est aussi la plus décorée, il suffit de voir l’antichambre de la prière, et les motifs du plafond pour comprendre. Pour en finir avec la Medersa Nekhla qui est devenue une école coranique, et qui tient son nom du palmier qui se trouvait dedans à la base, qui n’y est plus actuellement.

Venait ensuite le tour des Mausolés, celui de Ben Arous et Sidi Mehrez, qui ont fait l’objet d’une anecdote commune, on dit que dans le temps le sage Ben Arous décu par le comportement des tunisiens, eût prié pour qu’un déluge emporte la ville, quand le niveau de l’eau a commencé à monter, on a imploré le sage Mihriz afin qu’il calme les ardeurs de son congénère, chose qu’il fit, d’où le fameux adage « Heureusement il y a Mihriz Ô Tunis ».

Notre visite s’achevant au mausolée Sidi Mihriz après 4 heures de marches, nous avons pu profiter quoique modestement des trésors de la Médina.